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Samedi 23 septembre 2006 6 23 /09 /2006 10:30

Charte de Carthage sur la tolérance en Méditerranée


Les participants à la conférence internationale sur la «Pédagogie de la tolérance dans le bassin méditerranéen» tenue les 21 et 22 avril 1995 à l’Académie tunisienne Beit al-Hikma à Carthage, ville dont la civilisation trois fois millénaire a répandu ses lumières à travers les trois continents: l’Afrique, l’Europe et l’Amérique,


  s’inspirant de la Charte des Nations Unies, appelant à la pratique de la tolérance, de l’acte constitutif de l'UNESCO et de la Déclaration universelle des droits de l’homme,

  s’inspirant également de toutes les résolutions de l'UNESCO portant sur l’éducation pour la démocratie, les droits de l’homme et la paix, ainsi que pour la promotion de la tolérance,

Rappelant les recommandations adoptées par les réunions organisées par I’UNESCO relatives à ce thème,

prenant note avec satisfaction du discours inaugural de Son Excellence Zine El Abidine Ben Ali, Président de la République Tunisienne, pour sa portée humaniste et éthique, ainsi que du discours de Monsieur Federico Mayor, Directeur Général de l’UNESCO, adoptent la présente charte:


A un moment du devenir de l’humanité où le progrès des sciences et de la technologie rapprochent les hommes, imposent davantage l’ouverture des sociétés les unes sur les autres, rendant ainsi impératif l’examen critique de l’image que l’on fait de soi et de son semblable, il est essentiel de reconnaître que nous sommes appelés plus que jamais à ériger la tolérance en principe universel, en idéal éthique et politique.

Il est à rappeler que la tolérance n’est pas une attitude spontanée, mais une vertu patiemment acquise. Aussi, les systèmes éducatifs en portent-ils la charge et la responsabilité. L’éducation à la tolérance doit être considérée comme un impératif urgent, c’est pourquoi il est nécessaire d’oeuvrer à promouvoir une pédagogie de la tolérance qui,
systématique et rationnelle, doit s’attaquer aux sources culturelles, sociales, économiques et politiques de l’intolérance, racine majeure de toutes les violences et forme majeure de l’exclusion.

Afin de consolider cette éducation à la tolérance, la conférence de Carthage affirme les principes suivants:

1. La lutte contre toutes formes d’intolérance exige que l’on pose la liberté, l’inviolabilité de la conscience au fondement même de l’existence humaine, ce qui rend nécessaire l’instauration de la démocratie, du pluralisme politique, de la reconnaissance et du respect mutuel.

2. Le droit à la liberté, sous toutes ses formes, requiert l’existence d’un Etat de droit, la fonction d’un tel Etat étant de favoriser un art de vivre ensemble entre personnes de convictions différentes et non pas simplement entre porteurs de mêmes certitudes.

3. L’existence de situations intolérables créées par des inégalités économiques et sociales, par des rapports internationaux et par des politiques économiques imposées, exige des changements profonds afin que soit édifié un environnement qui permette aux êtres humains de pratiquer la tolérance.

4. La longue expérience de l’humanité montre à l’ividence qu’il ne saurait y avoir de paix entre les hommes sans paix entre les croyances, politiques ou religieuses. Aussi, incombe-t-il aux trois religions monothéistes dans le bassin méditerranéen de promouvoir en leur sein, dans leurs rapports mutuels et dans les diverses sociétés, les valeurs de liberté, de tolérance et de droits de l’homme.

5. L’humanité étant une, ses valeurs fondamentales étant identiques, tout droit à la différence n’acquiert de sens authentique que dans le cadre d’une aspiration à l’universalité. C’est pourquoi la diversité des cultures et la multiplicité des expressions de l’humain qui sont des facteurs d’émulation et d’enrichissement mutuels, ne doivent pas se transformer en obstacles de nature à empêcher l’épanouissement d’une culture des valeurs de progrès, de paix et de fraternité humaine. En conséquence, aucun droit n’est aliénable; de même, le droit de citoyenneté agissante, ni celui de la pratique de la démocratie, ni celui de l’exercice de la pensée et de la liberté d’expression ne peuvent faire l’objet de discrimination.

6. Etant donné la nature éthique de ces principes, les participants à la conférence de Carthage appellent les intellectuels, les hommes politiques, les responsables dans les réseaux de communication à faire de leur mieux pour contribuer à la promotion de l’éducation à la tolérance, à la consolidation des valeurs de liberté et de respect des droits de l’homme, en répandant une culture de fraternité humaine.

7. Les participants, prenant acte des nouvelles initiatives entreprises par des parties diverses pour favoriser le dialogue entre les différents pays des deux rives de la Méditerranée, appellent toutes les bonnes volontés à oeuvrer davantage pour consolider la paix, la tolérance et la coopération entre les peuples du bassin méditerranéen.

Par Fred - Publié dans : Libertés
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Dimanche 24 septembre 2006 7 24 /09 /2006 23:00
Les autorités tunisiennes ont saisi le numéro du journal français Le Figaro en date du 19 septembre en raison d'un article jugé «préjudiciable et offensant pour le Prophète (Mahomet), l'islam et les musulmans», a rapporté mercredi le journal gouvernemental La Presse de Tunisie.

La saisie du quotidien parisien intervient à l'heure de la vague d'indignation déclenchée dans le monde musulman par les propos sur l'islam tenus la semaine dernière par le pape Benoît XVI. Le pape avait cité un texte du XIVe siècle qualifiant notamment l'islam de religion propagée par l'épée. Mercredi, il a assuré que cette citation n'exprimait "en aucune manière" sa pensée personnelle et a réaffirmé son profond respect pour l'islam.

Une source officielle tunisienne a confirmé cette mesure prise par le ministère de l'Intérieur et du développement local «en application de la loi». Une saisie qui intervient à quelques jours du début du mois de jeûne de Ramadan.

L'article incriminé, intitulé «Face aux intimidations islamistes, que doit faire le monde libre?», a été écrit par un professeur et philosophe, Robert Redeker, publié par Le Figaro dans sa page «Débats». L'auteur y estime notamment que «l'islam essaie d'imposer à l'Europe ses règles» ou que «Mahomet est un maître de haine». «Exaltation de la violence: chef de guerre impitoyable, pillard, massacreur de juifs et polygame, tel se révèle Mahomet dans le Coran», écrit-il.

Pays à majorité musulmane de 10 millions d'habitants, la Tunisie compte des minorités juive et chrétienne qui jouissent d'une totale liberté de culte. Elle a constamment plaidé en faveur du dialogue entre les civilisations et les religions, créant une chaire à l'université de Tunis pour favoriser un tel dialogue. Elle a abrité plusieurs forums internationaux avec la participation de représentants des trois religions monothéistes, dont celui organisé en 1995 sanctionné par l'adoption de la "Charte de Carthage pour la tolérance".

Nous voilà revenu au même contexte que les caricatures. Alors que la Tunisie est à l'origine de la charte de Carthage l'on peut s'étonner qu'elle bafoue ainsi plusieurs articles de cette dernière. Où sont donc passés les voeux de tolérance, de pluralisme et de respect des droits de l'homme ? Et pourquoi un pays comme la Tunisie qui pratique un Islam habituellement tolérant et éclairé ?

Il faut avouer qu'à quelques jours du début du ramadan (lorsque l'article a été publié) il n'était peut être pas très judicieux de lancer un tel «papier polémique».
Certes, la liberté d'expression n'a ni jour ni heure de prédilection, cependant elle ne nous exempte pas de réfléchir aux conséquences de nos actes. La tolérance si elle ne va que dans un sens ne peut pas fonctionner.

Ainsi, dans un contexte où les caricatures sont encore dans toutes les mémoires (même si les extrémistes islamistes y sont pour beaucoup dans leur réalisation) et ce quelques jours après les déclarations du Pape, j'ai bien peur que la Tunisie n'ait voulu tout simplement calmer les esprits avant qu'ils ne s'enflamment à nouveau. Et si j'entends déjà certain(e)s grincer des dents, je dirais que je tente de comprendre, je ne justifie en rien la décision du gouvernement tunisien.

Parler de tolérance n'est pas chose aisée. Or, dans une campagne électorale où les enjeux de la Nation sont sacrifiés sur l'autel du choc des civilisations comment un musulman intégré ou étranger peut-il voir ce qui se passe - et donc avec un certain recul - sans se demander si la France n'est pas en train de devenir folle ?
Comment avec des messages tel que le voyage de Nicolas Sarkozy aux US ne pourraient-ils pas interpréter cela comme un geste d'allégeance ? Cette France «arrogante» qui depuis le Général a toujours gardé son indépendance n'est-elle pas en train de devenir autre chose ? Cette France qui se donne une figure de Croisé en permettant à certain de brûler les mosquées, comme d'autres à une époque ont pu brûler les synagogues et qui s'extasie devant les propos d'un Pape calculateur et politicien.

Obscurantisme contre obscurantisme est-ce vraiment cela que nous voulons ? Retourner quelques siècles en arrière avec d'un côté une Eglise qui nous dira de la façon dont nous devons mourir, parler, penser et nous reproduire et d'un autre un gouvernement qui veillera à ce que les prescriptions soient appliquées ?
Fous de Dieu contre Fous d'Allah ? Vraiment ? Dans ce cas où est la différence ? Les bons d'un côté, les méchants de l'autre ?

Et ces méchants musulmans formeraient vraiment des hordes de barbares prêts à en découdre au seul signal d' imams assoiffés de sang ? Est-ce vraiment cela l'Islam ? Non et tout le monde le sait bien au fond de lui-même.
Alors pourquoi ce déni d'un côté et cette intolérance de l'autre servant le jeu de ceux qui voudraient dresser les hommes les uns contre les autres en agitant le cocktail explosif religieux ? Parce que c'est plus S-I-M-P-L-E...

Alors, cher(e)s compatriotes retournez à votre film, les Arabes ne sont pas à Poitiers, d'ailleurs je ne voie pas ce qu'ils y feraient, Ben Laden n'est peut être pas mort mais il n'est peut être pas vivant non plus et puis on s'en fout. Tout cela n'est que de la Science-Fiction. Le ramadan vient de commencer. C'est une fête, ce n'est pas une préparation militaire. Les actes de violence sont d'ailleurs interdits durant cette période et sévèrement punis. Vous n'avez donc rien à craindre. Inutile de camper à Neuilly ou à Notre-Dame. Vraiment.
Et bon ramadan à nos frères musulmans. Bon ramadan à mes amis tunisiens et marocains.
Par Fred - Publié dans : Libertés
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Lundi 2 octobre 2006 1 02 /10 /2006 21:00
l'heure où nous nous rendons compte que les médias Français sont contrôlés pour la plupart d'entre eux par des sociétés de l'armement ou du bâtiment et que l'on s'interroge vivement sur leur indépendance (Cf. Marianne N°493) vis à vis du pouvoir en place, je me suis demandé si ces derniers allaient continuer longtemps à nous jeter leur parti pris à la figure. Alors je me suis mis à penser déontologie, liberté de la presse.
Entremêlant les évènements du Pape, les annonces en cascade à gauche comme à droite, l'Irak, le Liban... je me suis demandé quelles différences il pouvait y avoir entre une chaîne comme Al-Jazira et TF1 ou France2 par exemple. L'indépendance ? La complaisance ? L'arrogance intellectuelle ? Le fiel ou le miel du pouvoir coulant sur eux et in extenso sur nous par boîte à gueules interposée ?

Et puis, de fil en aiguille, après avoir lu ça et là bon nombre de choses je commençai à me faire une opinion. Comment une chaîne, dont les détracteurs disent qu'elle exhorte à l'anti-américanisme et à l'anti-sémitisme peut-elle réussir l'exploit d'inviter sur un plateau un responsable israélien et un dirigeant du Hamas ? Et finalement, lectures après lectures, je tombe sur cette information comme quoi le 12 juillet 2004 la chaîne adopta un "code de déontologie" dont les principes sont énumérés ci-dessous et qui, à priori, ont été respectés jusqu'à ce jour. Je vous donne donc traduit (tant bien que mal) ce code avec les liens adéquats pour aller consulter le site et l'original tel qu'il est mis en ligne par la chaîne.

1. Adhérer aux valeurs journalistiques de l'honnêteté, du courage, de l'équité, de l'équilibre, de l'indépendance, de la crédibilité et de la diversité, en n'accordant aucune priorité à des fins de considérations commerciales ou politiques par rapport aux professionnelles.

2. Essayer d'obtenir la vérité et de la déclarer dans nos émissions, programmes et bulletins d'informations sans équivoque en quelque sorte qui ne laisse aucun doute au sujet de sa validité et de son exactitude.

3. Traiter nos auditeurs avec le respect qui leur est dû et aborder chaque question ou histoire avec l'attention requise pour présenter une image claire, effective et précise tout en donnant la pleine considération aux victimes de crime, de la guerre, de persécutions et de désastre, leurs parents et nos téléspectateurs, et au décorum individuel d'intimité et de public.

4. Accepter une concurrence juste et honnête des médias sans lui permettre d'affecter défavorablement nos normes d'exécution de sorte qu'obtenir un « scoop » ne devienne pas une fin en soi.
 
5. Présenter différents points de vue et avis avec impartialité.

6. Reconnaître la diversité dans les sociétés humaines avec toutes leurs races, cultures et croyances et leurs valeurs intrinsèques afin de présenter une réflexion impartiale et fidèle de chacune d'elles.

7. Reconnaître une erreur quand elle se produit, la corriger promptement et s'assurer que cela ne se reproduise pas.

8. Observer la transparence face aux informations et aux sources d'informations tout en adhérant aux pratiques internationalement établies au sujet des droits de ces sources.

9. Distinguer des nouvelles l'opinion et l'analyse afin d'éviter les pièges de la spéculation et de la propagande.

10. Etre solidaire des collègues de la profession et leur offrir l'appui si besoin, en particulier à la lumière des actes d'agression et d'harcèlement auxquels des journalistes sont parfois soumis. Coopérer avec les syndicats journalistiques arabes et internationaux et les associations de défense de la liberté de la presse.


La page d'accueil du site d'Al-Jazira en anglais.
La page du code d'éthique d'Al-Jazira en anglais.

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Mercredi 4 octobre 2006 3 04 /10 /2006 21:27
Le tribunal de commerce de Paris a accordé aujourd'hui à «Libération» le bénéfice de la procédure de sauvegarde pour une période de six mois, conformément à la loi entrée en vigueur le 1er janvier. Cette mesure donne du temps au quotidien pour élaborer un projet de relance.

Alors, sympathie politique ou pas pour ce journal, il faudrait que ce dernier puisse se sortir de ce mauvais pas. Je rejoins ainsi l'hebdomadaire Marianne qui dans son dernier numéro souhaitait que le quotidien survive à cette épreuve au nom du pluralisme. Ainsi, je pense qu'acheter «Libé» une fois de temps en temps, c'est pas cher, et ça peut peut être contribuer à sauver un peu de démocratie dans ce pays où la presse est presqu'entièrement à tendance de Droite.

Par Fred - Publié dans : Libertés
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Mardi 17 octobre 2006 2 17 /10 /2006 12:00
Ben Ali Mercredi dernier, le Président tunisien Zine El Abidine Ben Ali s’est prononcé contre le voile « d’inspiration sectaire importée de l’extérieur » afin de lutter contre l’islamisme. Des ministres lui ont emboîté le pas, condamnant, pour les femmes, le port du hidjab et d’une longue tenue de coton appelée « qamis » et, pour les hommes, le port de la barbe. Ils appellent également, comme le chef de l’Etat, à revêtir les habits traditionnels.

Le voile est « un slogan politique affiché par un groupuscule qui se dissimule derrière la religion pour réaliser des desseins politiques », a lancé, vendredi, le ministre des Affaires Etrangères, Abdelwaheb Abdallah. Son homologue de l’Intérieur, Rafik Belhaj Kacem, a pour sa part déclaré que ce vêtement était le « symbole d’une appartenance politique qui se cache derrière la religion, qui en est innocente, et qui cherche à faire revenir la réalité de la société aux ères très anciennes ».

Ils justifient leurs inquiétudes en parlant d’une augmentation substantielle de femmes couvrant leur tête. Pour Khadija Chérif, présidente de l’Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD), la recrudescence est réelle, mais ne date pas d’hier. En 2003, sa structure dénonçait déjà que « un peu partout dans la rue, à l’école dans les établissements publics, surgissent des femmes jeunes et moins jeunes qui portent "la tenue islamique" ».

Décret 108 contre la montée de l’intégrisme

Soulignant « le droit des femmes au choix de leurs tenues », l’association ajoutait que « cet uniforme qui veut gommer la diversité des femmes, annuler les différences, méconnaître les femmes en tant qu’individus sexués est un symbole réducteur et de régression... ». Car pour elle, celles qui portent le voile remettent en cause le Code du statut personnel de 1956, qui a fait de la Tunisie, très tôt, un pays avant-gardiste en matière de droits de la femme.

L’ATFD, qui n’a pas changé de position, estime que les femmes qui portent le hidjab sont issues de toutes les classes sociales. « Il n’y a malheureusement pas de sondage. Mais à notre échelle nous avons essayé de déterminer pourquoi elles le portent. On ne peut pas généraliser, mais certaines parlent de politique, de réaction contre le gouvernement, de la religion ou d’une façon de se démarquer des Occidentaux », énumère Khadija Chérif.

C’est pour éviter que le phénomène ne s’étende plus que le gouvernement souhaite l’application du décret 108 de 1981, qui interdit le port du voile dans les établissements publics. Au risque, pour les employées du secteur en question, d’être licenciées. Le texte devait barrer la route à la montée de l’intégrisme. Entré en vigueur en 1985 sous l’ancien Président Habib Bourguiba, il a suscité de vives réactions d’associations des droits humains. « Les autorités tunisiennes ont empêché les étudiantes du campus universitaire de Tunis et d’autres cités universitaires, d’accéder à leurs facultés pour passer leurs examens de fin d’année, pour la simple raison qu’elles portent le voile », expliquait, le 4 juin 2006, Safwa Aïssa, présidente de l’association Vérité-Action, qui milite notamment pour la liberté d’expression et le respect des droits de l’Homme en Tunisie.

Voiles enlevés à « l’arraché, en pleine rue »

L’Organisation mondiale contre la torture se désolait, dans un rapport datant de 2002, que le décret ait « entraîné l’exclusion scolaire de plus d’une centaine de filles qui se retrouvèrent, par conséquent, privées de leur droit à l’éducation. Le décret 108 ne s’appliquant qu’aux femmes, il constitue une discrimination à l’égard des filles dans la mise en œuvre de leur droit à l’éducation. En outre, cette interdiction illustre une discrimination fondée sur la foi et l’opinion ». D’autres associations ont fustigé une violation de la constitution et une atteinte aux droits de l’Homme ainsi qu’aux libertés individuelles. D’autant que s’il existe plusieurs interprétations du coran, il semble que le livre sacré des musulmans ne prône pas et n’interdise pas le port du voile.

Une contestation qui pourrait augmenter. Selon le quotidien libanais L’Orient le Jour, « des femmes voilées sont souvent interpellées, devant parfois s’engager par écrit à ne plus porter le voile au risque de perdre leur emploi ou de devoir abandonner leurs études. Des témoins ont fait état d’interventions de policiers en civil, notamment à Sfax (Sud), "enlevant des voiles à l’arraché, en pleine rue" ».

« Aucun femme n’est venue à nous se plaindre et je n’ai rien vu moi-même, mais des gens de confiance m’ont rapporté que des policiers ont bousculé des femmes et leur ont demandé d’enlever leur voile. Nous sommes pour l’application du texte, mais pas par la violence et la répression. Il faut expliquer, faire de la pédagogie, débattre. Personne n’a la parole à part le gouvernement, et c’est dommage », confie Khadija Chérif. La responsable associative craint aussi que la répression ne radicalise les femmes qui portent le voile et suscite un mouvement de solidarité avec elles.

Décidément,  le port du voile ne déchaîne pas les passions qu'en Europe. Il est  «intéressant» de noter que la Tunisie avait promulgué une loi voici déjà un quart de siècle. Alors application de la loi purement et simplement ou bien dialogue et tolérance, là est le fond de la question.
Par Fred - Publié dans : Libertés
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Mercredi 1 novembre 2006 3 01 /11 /2006 15:17
e procès de Muazzez Ilmiye Cig, 92 ans, doit s'ouvrir aujourd'hui à Istanbul. Cette archéologue turque à la retraite, spécialiste de la civilisation sumérienne en Mésopotamie, est poursuivie pour avoir écrit que l'origine du voile, remontait à plus de 5.000 ans, bien avant la naissance de l'Islam, et qu'il était alors porté par des prêtresses initiant sexuellement de jeunes hommes.

Ce nouveau procès commence une semaine avant la remise d'un rapport crucial de l'Union européenne sur les progrès de la Turquie vers l'adhésion, qui s'annonce critique envers Ankara.

Muazzez Imiye Cig doit comparaître après la plainte d'un avocat qui s'est dit insulté par les propos tenus par Muazzez Imiye Cig dans son dernier livre, un essai politique intitulé «Mes réactions de citoyennes». Elle y explique notamment que le port du foulard est apparu à l'époque sumérienne, quand les prêtresses se voilaient pour initier de jeunes hommes, ce qui avait indigné les milieux islamistes.

Son procès fait suite à ceux d'écrivains, journalistes et universitaires, dont les écrivains Orhan Pamuk et Elif Shafak, qui ont suscité des protestations internationales. Les charges contre le prix Nobel de littérature 2006 Orhan Pamuk, poursuivi pour avoir évoqué le génocide arménien, ont été abandonnées tandis que la romancière Elif Shafak a été acquittée.

Contrairement à Orhan Pamuk ou Elif Shafak, poursuivis dans le cadre de l'article 301 du code pénal turc, qui prévoit des sanctions pour insulte à la République turque, ses institutions ou l'identité turque, l'archéologue est accusée «d'incitation à la haine religieuse». Elle risque un an et demi de prison si elle est reconnue coupable.

Muazzez Imiye Cig, qui défend la laïcité, s'était distinguée en écrivant à Emine Erdogan, l'épouse du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan, pour lui demander de retirer son voile. Elle lui demandait de donner ainsi l'exemple dans ce pays laïc, à majorité musulmane, où de plus en plus de femmes portent le voile pour manifester leur piété.

La Turquie possède des lois strictes sur la laïcité, interdisant le foulard à l'école et dans la fonction publique. Erdogan, dont le parti est enraciné dans le mouvement islamique turc, n'a pas caché son souhait d'assouplir la loi sur le foulard islamique. Mais soucieux de ne pas heurter les cercles laïcs, y compris la puissante armée turque, il a dit vouloir prendre le temps de réfléchir à cette question.

L'obscurantisme religieux couplé à la crétinerie fait de nouveau surface. Cela se passe en Turquie, mais hier c'était en Pologne, avant-hier aux Etats-Unis.
Tenter de refaire l'histoire est une constante chez ces  personnes qui voudraient réduire, présentement au travers d'un procès aussi ridicule, l'Histoire d'une des plus vieilles civilisation de cette planète.

A leur rappeler tout de même que la Mésopotamie fut le berceau de nombreuses religions du bassin méditerranéen. Cela vaut pour la religion juive comme pour celles qui suivirent... N'en déplaise à ces messieurs dames. Et vous noterez que je n'ai pas, sciemment, abordé le thème de la liberté d'expression qui, au regard du contexte, aurait été hors-sujet puisque nous sommes placés face à des faits historiques avérés.
Les musulmans ou les chrétiens n'ont pas inventé le voile. Les italiens n'ont pas inventé les pâtes. De même que Durex ou Manix n'ont pas inventé la capote puisqu'il est connu que les boyaux de différents animaux servaient de préservatifs depuis fort longtemps.
La morale de cette histoire c'est que ce certains n'ont pas inventé l'eau chaude ou le fil à couper le beurre et qu'ils feraient mieux de changer de registre avant de sombrer définitivement dans l'idiotie.
Mme l'archéologue nous vous soutenons.
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Jeudi 2 novembre 2006 4 02 /11 /2006 10:54
es défenseurs des droits de l'Homme ont rendu hommage lundi à Moscou aux victimes de la répression politique de l'époque soviétique, affirmant qu'aujourd'hui, 15 ans après l'effondrement de l'URSS, des personnes continuent d'être persécutées pour leurs opinions politiques.

«Nous demandons une chose: un processus judiciaire juste», a déclaré Valentin Gefter, directeur de l'Institut des droits de l'Homme de Moscou, lors d'une table ronde sur les prisonniers politiques présumés.

La Journée des prisonniers politiques soviétiques est commémorée depuis 1974. «Aujourd'hui, en Russie, nous voyons le retour de méthodes autoritaires de gouvernement du pays», ont estimé les organisateurs du rassemblement dans un communiqué. «Une fois de plus, les libertés civiles sont réduites, la propagande d'Etat étouffe le libre échange d'opinions, la critique des autorités est souvent perçue comme une activité anti-gouvernementale, et la pression exercée sur les médias indépendants et journalistes est devenue la norme.»

De nombreux gouvernements accusent le président Vladimir Poutine d'avoir fait reculer la démocratie et la liberté d'expression.

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Vendredi 3 novembre 2006 5 03 /11 /2006 20:24
Denis Robert ne pétition intitulée tousdesreceleurs.com prenant la défense du journaliste Denis Robert, dont le parquet a requis samedi la mise en examen dans l'affaire Clearstream pour «recel d'abus de confiance», a été lancée vendredi sur Internet.

Selon le texte de la pétition, à l'initiative du réalisateur de documentaires Gilles Cayatte et du producteur Frank Eskenazi, par ces réquisitions, «le Procureur de Paris, le ministère de la Justice et ce gouvernement s’en prennent à la liberté d’information».

«Si une mise en examen devait être prononcée par les juges, ce serait une catastrophe pour l’ensemble des écrivains, des réalisateurs et des journalistes tentant d’exercer leur métier, notamment sur les terrains sensibles de la politique et de la finance», peut-on y lire.

Les pétitionnaires - plus de 300 vendredi - estiment qu'«en utilisant les listings de la Banque des banques luxembourgeoise, Denis Robert n’a fait que son travail d’information, révélant le fonctionnement jusqu’alors caché des mécanismes bancaires internationaux visant à l’évasion des capitaux».

«Sa mise en examen serait un scandale et ne pourrait être comprise que comme une tentative d’intimidation de toute une profession. Et donc une attaque très grave contre la liberté d’écrire et d’informer», conclut le texte.

Denis Robert dérange. Dans la «boîte noire» il s'en prenait déjà à Clearstream et à certaines pratiques de blanchiments d'argent. Peu de politiques à l'époque le soutinrent, à part un certain Arnaud Montebourg. Les procès, ça le connaît le garçon, et aujourd'hui c'est reparti.
Il faut dire qu'il a dû se faire une collection d'ennemis conséquente entre les financiers pourris et les hommes politiques du même acabit. Alors le bras de fer est engagé. Pour ma part j'ai signé cette pétition, au nom du droit à l'information et du boulot colossal que ce journaliste a accompli.

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Samedi 18 novembre 2006 6 18 /11 /2006 21:16
e député UDF Jean-Christophe Lagarde a déposé vendredi une proposition de loi destinée à empêcher les groupes industriels dont l'activité dépend des commandes de l'Etat à plus de 20% de leur chiffre d'affaires, de détenir directement ou indirectement plus de 3% du capital d'un média.

Cette proposition de loi s'inscrit dans la ligne des critiques lancées à la fin de l'été du président de l'UDF François Bayrou contre les groupes industriels, propriétaires de médias, qu'ils accusaient d' "orienter" les Français vers un «choix tout fait» entre Nicolas Sarkozy (UMP) et Ségolène Royal (PS) pour la présidentielle de 2007.

Dans l'exposé des motifs de son texte, M. Lagarde explique qu'il s'agit de «préserver l'indépendance et le pluralisme dans les médias».

La proposition de loi interdit «la détention directe ou indirecte de plus de 3% du capital ou des droits de vote d'une publication de presse, d'une station de radio ou d'une chaîne ou d'un service de télévision par une personne morale ou physique dont l'activité dépend de commandes publiques dans une proportion dépassant 20% du chiffre d'affaires du dernier exercice».

Pour M. Lagarde, «l'indépendance et le pluralisme» des médias «sont aujourd'hui en danger en France du fait des concentrations excessives qui touchent l'ensemble des entreprises de presse, les chaînes de radio ou de télévision».

«Les choix de société doivent pouvoir être faits par le peuple français dans des conditions pluralistes et les plus objectives possibles», écrit le député pour qui «on ne peut accepter que les principaux moyens permettant la diffusion de l'information aujourd'hui puissent se trouver sous la domination de telle ou telle influence économique, politique».

M. Lagarde observe à l'appui de son texte que «l'on voit depuis 20 ans de grands groupes industriels des domaines de l'armement, de l'immobilier, de la construction et autres investir massivement dans le contrôle des médias».

Le député ne cite ni groupe ni média, mais vise avec son texte notamment TF1, contrôlé par le groupe Bouygues, la Socpress (Le Figaro) détenue par Dassault et Hachette Filipacci (Europe 1, Paris-Match, JDD...) propriété du groupe Lagardère .

Passée inaperçue pour cause de lendemain de primaire au PS (entre autre), cette proposition de loi est pourtant un bon début. D'un point de vue stratégique dans la campagne, ce n'est pas très malin de la part de l'UDF de ne pas avoir attendu un moment plus propice. Mais bon. En espérant que ce projet de loi ne tombera pas aux oubliettes et que d'autres viendront s'y greffer pour rendre à ce pays un pluralisme d'expression qui lui fait sérieusement défaut.
Par Fred - Publié dans : Libertés
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Lundi 20 novembre 2006 1 20 /11 /2006 11:42
ors de la séance du 21 septembre 2006, la formation restreinte de la CNIL a mis en demeure plusieurs hypermarchés de modifier leurs dispositifs de contrôle des paiements par chèques qui avaient été installés sans autorisation préalable de la CNIL ni information de la clientèle.

A l’occasion de plusieurs contrôles sur place, la CNIL a constaté que les caisses de nombreux hypermarchés sont équipées d’un dispositif permettant de contrôler la régularité des chèques présentés en paiement par la clientèle grâce à la consultation du fichier national des chèques irréguliers (FNCI) mis en œuvre par la Banque de France. Or, aucune mention d’information ne figurait aux caisses concernant l’utilisation de ce dispositif.

La CNIL a également relevé l’existence, au sein de ces hypermarchés, de listes noires de mauvais payeurs directement accessibles par les différentes caisses des magasins sans autorisation préalable de la CNIL ni information des clients.

L’article 25 de la loi du 6 janvier 1978 soumet pourtant à l’autorisation préalable de la CNIL la mise en œuvre de telles listes noires qui, bien que légitimes, sont néanmoins susceptibles, de par leur portée ou leur finalité, d’exclure les personnes du bénéfice d’un contrat.

De même, l’article 32 de la loi fait obligation à tout responsable de traitement d’informer les clients, par exemple par voie d’affichage aux caisses du magasin, des dispositifs de contrôle mis en œuvre.

La CNIL a par ailleurs rappelé que, s’il est possible au commerçant consultant le FNCI, via le service "Résist ", de conserver la trace de l’interrogation du fichier, en revanche, l’information relative à la situation d’interdiction bancaire d’un client ("Resist rouge") ne peut être mémorisée. Le FNCI est en effet un fichier mis à jour en permanence et la régularisation des impayés imputables à une personne a pour conséquence son effacement immédiat du fichier. Cette mémorisation est, par conséquent, contraire aux dispositions de l’article 6 de la loi informatique et libertés, qui pose le principe du droit à l’oubli. Cette mémorisation fait obstacle à l’ensemble des garanties prévues par la loi concernant la mise en œuvre, par la Banque de France, du FNCI.

Les hypermarchés contrôlés ont donc été mis en demeure de faire cesser ces différents manquements constatés par la CNIL dans un délai d’un mois. A l’issue de ce délai, une procédure de sanction pécuniaire pourrait être engagée si les hypermarchés ne se conformaient pas aux termes de la mise en demeure.

Qu'on se le dise. Exigez-donc une petite remise sur votre ticket de caisse pour contrôles abusifs lorsque vous payez par chèque, histoire de bloquer un peu la file et de mettre la zone à la caisse. Effet garanti.
Par Fred - Publié dans : Libertés
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