Le simple fait de détourner le contexte en ignorant toutes les horreurs au cours duquel elles se sont déroulées et lâcher de façon anodine une telle affirmation prouve malheureusement qu'il y a encore des « hommes politiques » capables de PENSER de telles choses. Cela relève pour moi de la trahison. D'abord trahison envers ceux qui ont subi des actes de torture, la déportation et ce quelle que fut leur confession politique ou religieuse et donc in extenso envers la République elle-même. Pour moi, le tribunal correctionnel n'est donc pas compétent.
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Le poids des mots
Si M. Le Pen juge qu'effectivement faire subir à un adolescent de 15 ans, ayant des papiers en règle et rien à se reprocher, la baignoire et la gégène dans la foulée uniquement pour obtenir des aveux de sa soeur, enceinte, sur la cachette de son mari évadé est une bavure alors que doit signifier pour lui le mot torture ?
Lorsqu'une puissance occupante pille un pays tout entier laissant à la population le strict minimum pour survivre, qu'elle déporte à tour de bras sur la base de dénonciations fallacieuses pour mieux entretenir un climat de suspicion général et faire appel ainsi à tout ce qu'il y a de plus vil dans l'être humain, les bavures seraient alors impossibles à éviter ? Finalement les victimes seraient perverses à ce point de tenter ces pauvres diables à commettre de telles horreurs ?
Alors si dans 550 000 km² les bavures sont inévitables qu'en est-il exactement des millions de km² occupés par le régime nazi durant la seconde guerre mondiale ? Ainsi le génocide ne serait-il finalement qu'une bavure à plus vaste échelle, tout n'étant qu'une question d'appréciation ? Un « détail » dans la grande épopée du IIIème Reich dont M. Le Pen semble être un nostalgique indécrottable ?
Ainsi le « du moins » nous rassure-t-il partiellement sur ce qui s'est passé dans notre patrie par rapport à d'autres, sans doute d'ailleurs à cause du dévouement du régime de Vichy à protéger la Nation toute entière ! Une autre façon encore de nier l'existence du « reste ». Ailleurs il ne sait pas, bavure ou autre, il ne sait désespérement pas et il ne veut surtout pas savoir... (des fois qu'il soit obligé d'admettre).
C'est quand même drôle pour un homme qui aurait des prétentions à la Présidence de la République d'être à la fois aussi nulle en histoire et en géopolitique, vous ne trouvez pas ?
Le procès
L'avocat de Jean-Marie Le Pen, M
e Wallerand de Saint-Just, a estimé qu'il serait
"très facile" d'assurer la défense de son client. Selon M
e de Saint-Just, les propos de M. Le Pen n'étaient pas destinés à publication puisqu'ils ont été tenus avec le journaliste
"dans une conversation à bâtons rompus",
"sur le pas de la porte", après l'interview proprement dite.
L'avocat, par ailleurs membre du bureau politique du FN, a également estimé que sur le fond, ces propos n'étaient pas
"assez forts" pour constituer les deux délits invoqués.
Pour rappel : d'une part la présentation «favorable» de la Gestapo en argumentant que
«...C'est la Gestapo de Lille, avertie par la SNCF, qui arriva aussitôt à deux voitures pour arrêter le massacre. On pourrait multiplier les anecdotes de ce type (...) », et d'autre part la contestation de crime contre l'humanité citée en haut de ce post.
Relativement à son exemple, je dirais à M. Le Pen que rien ne prouve qu'il ne s'agissait pas de FFI déguisés en civils (chacun sait qu'ils avaient des uniformes et la Gestapo aussi et qu'aucun FFI n'avait pu apprendre l'allemand à l'école) qui seraient intervenus au bon moment. Mais bon passons...
Ainsi, il serait possible de dire n'importe quoi sur le pas de la porte mais devant les médias ce serait autre chose. Ainsi, il serait possible d'enfreindre la loi à condition que les médias ne soient pas présents à ce moment là, et prétendre dans le pire des cas que la parole a dépassé la pensée ?...
En clair, si un jour je rencontrais M. Le Pen je pourrais (c'est du conditionnel bien sur) lui flanquer une bonne correction et ne rien enfreindre sous prétexte qu'il n'y a pas de caméras ? Mais moi je ne le ferai pas, car contrairement à ce type de vieillard qui n'hésite pas à taper une femme, je ne cogne pas sur des gens qui possède une carte vermeille. Ce serait un peu facile.
Dans cette affaire, une fois de plus, les juges apprécieront sans doute que leur capacité à apprécier la loi soit remise en question par un avocat d'extrême droite. A eux de jouer maintenant sur les mots pour faire apprécier à M. Le Pen et à son avocat la définition de bavure et génocide.
A défaut, il faudra attendre que le «réchauffement climatique» fasse son oeuvre ou que la corde finisse, enfin, par se rompre ...
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