
e ne suis pas un féru de télévision. Bien souvent je ne regarde même pas le programme. Je laisse le soin à la tribu de passer l'info sur ce qu'il y a d'intéressant à voir. Pour une fois c'est bien fait pour moi. Si j'avais daigné ne serait-ce que consacrer une minute à ce torchon truffé de publicités, j'aurais pu voir qu'en ce soir de réveillon du 24 décembre, TF1 diffusait
l'Odyssée Sibérienne.
Car si je ne suis pas passionné par ce que le grand-père d'un ami d'enfance avait pour habitude d'appeler la «boîte à gueules», je suis par contre un inconditionnel de
Nicolas Vanier.
Aussi, le 25 décembre au matin, lors de la traditionnelle ouverture des cadeaux de ce brave Père Noël, quelle ne fut pas ma surprise puis mon ravissement de voir ce que «Maman Noël» avait bien pu glisser dans la hotte de ce dernier.
Si vous avez des cadeaux en retard, n'hésitez pas. Ce bouquin, que j'ai littéralement dévoré en trois soirées, est un ravissement tant par les images absolument magnifiques qu'il contient que par le récit de l'aventure qu'il retrace.
On y sent les tripes que Nicolas et son équipe ont mis dans cette expédition (je ne dirai pas exploit, il s'y refuse), tout l'amour qu'il voue à ses proches, à ses chiens, à la nature et à l'homme d'une façon générale. A la lecture de ce dernier, on ressent un homme avec ses forces, ses faiblesses, sa détermination, ses doutes. On y suit un homme et ses «petits chiens» qui forment une équipe formidable d'intelligence et de complicité, au travers de paysages dont la beauté est à couper le souffle. Et c'est ce tout, la démesure de cette aventure qui nous emmène, au fil des pages, à ne plus vouloir refermer l'ouvrage, à la dévorer, le grignoter, en espérant qu'il ne se termine jamais.
Pour la dernière «grosse» expédition de
Nicolas Vanier, l'exploit - personnellement je ne refuse pas ce mot même si je comprends pourquoi il ne veut pas l'utiliser - est de taille. Après, c'est à dire à partir de maintenant il va se consacrer à autre chose. Et je préfère le citer pour ne pas déformer son propos :
« Je ne voyage plus comme autrefois, les yeux grands ouverts, émerveillé par les beautés du monde et ses grandes étendues blanches, car celles-ci ne sont plus tout à fait blanches. Depuis quelques années, la situation s'est tellement aggravée que partout j'ai constaté ces dégradations. En même temps que j'étais témoin d'un état planétaire déplorable et particulièrement alarmant dans le Grand Nord très fragile, je me suis rapproché de ceux qui savent et j'ai appris. Aujourd'hui, je ne voyage plus avec la même insouciance. Je sais combien la situation est grave et combien éphémère est cette vie, partout menacée. Bientôt mes rêves deviendront des cauchemars. La banquise sur laquelle j'ai eu tant plaisir à voyager aura fondu...Au terme de ce grand projet, je veux consacrer ma vie à autre chose. J'ai la prétention de pouvoir être utile autrement. Je voudrais en quelque sorte rendre à la nature tout ce qu'elle m'a donné jusqu'ici... Je ne voyage plus pour mon simple plaisir et celui de le faire partager aux autres, mais avec une volonté affichée de montrer ce qui ne va pas et l'importance d'agir pour que les générations futures puissent voir des ours polaires autrement que sur un livre sous la rubrique 'animaux disparus'. »Alors, pour tout cela, merci Nicolas, merci Gao, merci les autres «petits chiens», merci Thibaut Branquart pour les photos, merci à toute l'équipe de cette folle aventure. Et merci bien sur à cette Mère Noël à laquelle j'adresse mes plus gros bisous pour ce très beau cadeau.
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