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Objectif Mars

Mardi 8 mai 2007
François Bayrou Nicolas Sarkozy est élu président de la République. La campagne électorale nous a souvent opposés. Mais je veux lui adresser mes félicitations et mes voeux de citoyen pour son mandat. Et ces voeux sont en même temps des voeux pour la France.

Je pense à ceux, autour de lui, qui se réjouissent ce soir, en pensant qu’un grand pas a été fait pour eux et pour leur pays. Je souhaite de toutes mes forces qu’ils aient raison.

Mais nombreux aussi sont ceux qui sont déçus et inquiets et ceux-là je ne les oublie pas.

La campagne électorale a été le temps des promesses. Mais la situation du pays est telle que les réalités vont reprendre le dessus. C’est un pays fragile, c’est un pays fracturé, c’est un pays endetté.

Pour se réparer, notre pays a besoin d’être considéré. La France a besoin de redevenir une démocratie, où tout le monde est entendu et où tout le monde est respecté. C’est à ce prix qu’est notre unité nationale.

Et la première loi de la démocratie, c’est que tout pouvoir doit avoir son contrepouvoir. Personne ne doit avoir le pouvoir tout seul. Je ne ménagerai aucun effort pour faire naître des contre-pouvoirs libres, indépendants, constructifs.

Trop de choses vont se jouer pour l’avenir, qui touchent au social, qui touchent à l’économie, qui touchent à l’unité nationale, pour que le même pouvoir ait tous les leviers de commande entre les mains.

Je le dis à Nicolas Sarkozy : le pouvoir absolu, cela paraît être un confort, on peut décider ce qu’on veut, il n’y a personne pour s’y opposer, mais cela c’est l’apparence. Car il n’y a personne pour vous empêcher de vous tromper. C’est pourquoi quand le pouvoir absolu se trompe il se trompe absolument, et c’est tout le pays, toutes les familles, qui paient l’addition.

Il faut équilibrer le pouvoir. C’est cela l’enjeu des élections législatives. La France donne le pouvoir, oui, elle le donne nettement, mais elle ne doit pas donner tout entier sans aucun équilibre.

En même temps, la démarche de ces contre-pouvoirs doit être constructive.

Chaque fois que le président de la République et son gouvernement proposeront quelque chose de bien, quelque chose qui va dans le bon sens, nous le soutiendrons. Dans ces circonstances, nous voterons oui et nous nous engagerons. Nous serons constructifs et positifs.

Mais nous serons vigilants. Chaque fois que nous percevrons un risque, nous le dirons de la même manière et nous exercerons ainsi un devoir d’alerte.

Cela exige, pour le bien de la France, de sortir du camp contre camp. On ne peut pas faire la politique de l’avenir en étant pour les uns toujours pour et pour les autres toujours contre. Je suis persuadé qu’il y a des gens de qualité d’un côté et de l’autre et qu’il faut en tenir compte pour une nouvelle approche républicaine.

Dans notre vie politique, toutes les forces politiques de gauche, de droite et du centre vont devoir bouger, vont devoir changer, et apprendre à travailler ensemble plus souvent que les unes contre les autres. Pour ma part, je ne cesserai de travailler à ce changement.

Dès cette semaine, je proposerai de lancer un nouveau mouvement, le mouvement démocrate, qui permettra à tous ceux qui veulent renouveler ainsi la politique, ses moeurs et ses pratiques, la reconstruire et la rénover, de se retrouver et d’agir ensemble.

Les démocrates défendront les libertés publiques. Ils exigeront que l’on dise la vérité aux Français. Ils défendront du même mouvement la modernisation de l’économie, son énergie créatrice, et la justice sociale. Les démocrates défendront l’éducation et la recherche. Ils garantiront la défense de notre patrimoine écologique et climatique. Ils se comporteront en constructeurs d’Europe. Les démocrates seront des novateurs et des rassembleurs.

Je ne veux pas finir sans avoir un mot pour Ségolène Royal, et les autres candidats malchanceux, et tous ceux qui se sont battus pour elles et pour eux. Je connais l’amertume des soirs d’insuccès. Mais je veux leur dire ceci : la démocratie, ce n’est pas seulement l’affaire des vainqueurs ; ceux qui n’ont pas gagné ont aussi leur rôle à jouer dans la modernisation et dans l’équilibre de la France.

En vérité celui qui a gagné, et ceux qui n’ont pas gagné, même s’ils ne le savent pas, ils sont coresponsables de l’avenir du pays. Nous avons un grand pays en charge, une grande histoire, un grand peuple. Nous devons à ce peuple de conjuguer nos forces pour préparer son avenir.

Je vous remercie.


Oublions le petit incident de dimanche soir. Pour celles et ceux que ça intéresserait vous pouvez toujours vous rendre à ce lien :
«Bayrou Censuré http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=23877 »

Par Fred
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Jeudi 10 mai 2007
François Bayrou Le conseil national de l'UDF, réuni jeudi 10 mai à la Mutualité à Paris, a décidé de lancer le Mouvement démocrate, « une force politique nouvelle, indépendante ».

La résolution proposant le lancement de ce parti a été approuvée à l'unanimité des présents, moins 4 votes contre et 4 abstentions.

Le Mouvement démocrate de François Bayrou présentera ses candidats aux élections législatives dans toutes les circonscriptions.

« Quelque chose s'est passé en profondeur »

Après avoir remercié ceux qui lui sont encore fidèles et étaient présents à ce conseil national ainsi qu'à toutes celles et ceux qui avaient pu se déplacer, François Bayrou a voulu exprimer son bonheur d'avoir conduit avec eux et le peuple français « cette magnifique aventure de l'élection présidentielle » car « ce que nous avons fait, et que nous avons fait à la surprise générale, ce n'est pas simplement un acte politique, c'est quelque chose de beaucoup plus profond, c'est de rencontrer le sentiment et l'âme de tout un peuple exprimé par près de sept millions des lecteurs qui ont voulu, contre vents et marées, imposer le changement qu'ils attendaient dans la vie politique française.

Ces sept millions de suffrages m'obligent et nous obligent, sept millions de Français, près de 19 % des voix, cela signifie que quelque chose s'est passé en profondeur au cours de cette campagne électorale, au cours de ce scrutin et ce quelque chose qui s'est passé en profondeur parle de l'essentiel, du sentiment démocratique des Français. »

La suite

Ce discours d'une dizaine de pages, fondateur du Mouvement Démocrate ne peut être, pour des raisons évidentes de lisibilité, reporté intégralement dans un billet sur ce blog.

Le résumer serait idiot. Je fournis donc une copie (au format PDF : Taille : 80,0 KB) téléchargeable sur ce site et le lien pour retrouver l'original sur le site du MD. Je vous invite à le lire et à le relire. Je vous invite à la faire passer et repasser à celles et ceux qui vous entourent.

Si « tous » s'en vont -je veux parler des députés UDF ayant prêté serment d'allégeance à son altesse- que la partie s'annonce dure, il faut saluer le courage de celles et ceux qui viennent d'entrer en « résistance ». Ce n'est plus le Waterloo du 6 mai dernier, c'est maintenant Bastogne et la résistance acharnée d'une poignée face à deux divisions panzer et la réplique célèbre de Mac Auliff en refusant la reddition : « Nuts »

Selon François Bayrou, l'UDF avait reçu jeudi 22.000 demandes d'adhésion au Mouvement démocrate. C'est un début. Il en faut un. Et c'est plutôt un bon début. Ce nombre va grossir dans les jours à venir, j'en suis certain. Et il grossira encore dans les semaines à venir.


Par Fred
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Vendredi 11 mai 2007
Bourlanges omme il faut bien, ne serait-ce que par honnêteté intellectuelle donner les avis de toutes et tous, voici celui de Jean-Louis Bourlanges, député européen UDF rallié à Nicolas Sarkozy qui est venu s’exprimer hier devant le Conseil National de l’UDF à la Mutualité à Paris.
« Je m'exprime devant vous pour vous dire au revoir. » « C'était la moindre des choses que je vous devais de venir le dire ici », a-t-il poursuivi devant une salle houleuse, que le président de l'UDF François Bayrou a rappelé à l'ordre en demandant à chacun de se tenir exemplairement.

M. Bourlanges a défendu la décision des élus UDF qui se sont ralliés à l'UMP pour les législatives. A vouloir « vivre sans alliés », « nous allons payer, nous, un prix électoral et la France va payer un prix politique », a-t-il averti.

« On ne gagne pas un scrutin majoritaire quand on est le troisième (...) Il ne faut pas se tromper de règle du jeu », a plaidé M. Bourlanges. « Vous vous enfermez, chers amis, dans la plus sympathique, mais la plus tragique des impasses stratégiques ».

« On ne peut pas être à la fois un parti intermédiaire et en même temps dire qu'on fait de Sarkozy et de sa majorité un ennemi public numéro un. Il faut choisir », a-t-il ajouté. « Il y en a marre de vos calculs! », a crié un conseiller national.

Jean-Louis Bourlanges, avant de s'interrompre en raison d'un malaise, a appelé à « cesser de faire des procès d'intention. Nous sommes les uns et les autres sur des orientations politiques réfléchies ».

« Il n'y en a pas un qui puisse dire que les parlementaires qui aujourd'hui vous quittent ont manqué de courage depuis 2002 », a-t-il rappelé. A l'époque, « nous n'en menions pas large ». Alors, « Je vous en prie, évitons les anathèmes ».

« J'espère bien que nous arriverons à nous retrouver », lui a répondu le sénateur Michel Mercier.

«Parti intermédiaire, règle du jeu, impasses stratégiques, procès d'intention, anathèmes.», presque des gros mots. Qu'importe...

Ce matin, je fus amené à passer devant le siège de l'UMP rue de la Boétie. Je regardais ce bel immeuble arborant de façon démesurée les couleurs de l'UMP sur ses flancs, tel un navire de guerre d'une toile de Vernet.

Sur le moment cela en fut presque imposant. Puis, m'en éloignant de quelques mètres pour me rendre à ma réunion, je constatai que le bâtiment voisin - la poste du 8ème arrondissement - sans décoration provocante était en fait bien plus imposant. J'irais même jusqu'à dire que celui de l'UMP paraissait bien plus fluet vu sous ce nouvel angle.
Alors je me suis soudain rappelé cette phrase de Sénèque «Faute d'adversaire le courage s'étiole», cela m'a fait sourire car réflexion faite nous ne manquons ni de l'un ni de l'autre. De quoi se plaint-on ? Finalement nous sommes comblés !

Par Fred
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Vendredi 11 mai 2007
Mouvement Démocrate François Bayrou annonce aujourd'hui que son nouveau mouvement, le Modem, dépasse les 40.000 adhésions en quatre jours ! Selon lui, 90 % ne seraient pas issus de l'UDF.

«Une révolution en marche !» annonce-t-il, alors qu'il prévoit de les réunir avec les candidats aux élections législatives autour du 20 mai lors d'un grand meeting. «C'est un mouvement populaire, jeune, exigeant dont nous avons aujourd'hui la responsabilité» a encore ajouté le président du mouvement démocrate, lancé hier lors d'un Conseil national de l'UDF.

C'est un très bon début, avouons-le. Et ce n'est pas fini. La révolution en marche est une lame de fond bien plus forte et bénéfique pour la Nation qu'un pavé ensanglanté dans une vitrine. C'est la réponse à la peur, à la haine, à la manipulation et à tous ces excès avec lesquels on voudrait forcer nos consciences, aveugler nos esprits. Et c'est encore plus fort lorsque c'est le peuple lui-même qui s'en fait l'acteur principal.

Par Fred
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Lundi 14 mai 2007
Mouvement Démocrate nnoncé avant-hier par François Bayrou, le cap des 52.000 inscriptions vient d'être franchi pour le Mouvement Démocrate.

Je n'ai aucune envie de faire du triomphalisme à deux sous. La route est encore longue. Et puis cela ne serait pas décent au regard d'un certain nombre d'évènements qui se sont produit ce week-end au PS et d'une façon générale dans le camp de l'ancienne Gauche Plurielle. J’y ai des amis. Je partage bon nombre de leurs convictions.
Cependant, cet élan, prouve un chose : c'est la formidable envie qui règne dans ce pays de faire de la politique autrement. Que cela ne devienne pas l’apanage d’un seul parti me paraît pourtant essentiel sinon vital pour la vie politique française !

Bref rappel

Depuis un an, j'enrage de voir ce qui se passe au PS. Je suis atterré de voir toute cette énergie  qui tente de se libérer de la soupière sur laquelle une petite bande d'idiots est assise ; tandis que bien des talents, jeunes et moins jeunes se lancent à corps perdu dans une bataille qui m'apparaissait déjà perdue d'avance déjà depuis mai puis juin 2006.

Je ne reviendrai pas sur ce déchirement, sur ce lent mais inexorable parcours qui m’a fait « basculer » - sans aucun remords d’ailleurs – vers le centre et le discours de François Bayrou. Cela je l’ai longuement expliqué au travers des trois posts que j’ai pu faire sur ce blog (Cf. « Aux indécis dont je fais parti ou les questions métaphysiques d’un électeur de gauche »)

Mutisme et observation

Depuis une semaine j'observe qui plus est, je ne fais même que cela.
D’ailleurs, vous aurez remarqué qu'au lendemain du 6 mai, à part des résultats locaux de mon département, je n'ai rien dit, rien écrit pour commenter la défaite.

Et pourtant, j'avais déjà rédigé un texte en deux parties qui attendait patiemment que je lui donne la touche finale pour surgir sur ce blog dès le lundi soir. Car, vilaine Cassandre que je suis, je m’attendais à ce qui arrive depuis une semaine. J’ai même suffisamment rigolé (jaune je vous rassure) de l’intervention de DSK dès le dimanche soir ainsi que de ce « lynchage panique » qui s’ensuivit de la part d’un certain nombre de ténors du PS.

Seuls quelques-uns uns ont réussi à garder, à mon sens, leur dignité en pensant tout à la fois à la défaite et à l’avenir. Ils se reconnaîtront s’ils parvenaient, par le plus grand des hasards, à se perdre sur ce blog. Les autres se complaisent depuis dans la fange qu’ils répandent et qu’ils entretiennent savamment. Bref, je ne vais pas recommencer à me répandre en louanges outrancières comme j’ai pu le faire dans les posts cités plus haut envers une certaine sous-classe politique qui, forte de son parcours énarquoïdal ou plus simplement sciencepopoïdal est inversement proportionnelle efficace à la durée du nombrilisme dont elle est atteinte.

Finalement, je décidai d’attendre une semaine pour suivre l’évolution des choses. Aujourd’hui, si la première partie n’a pas changé, la seconde elle a forcément évolué.

1ère Partie

J’aurais voulu, dès dimanche soir, dire à Erasme de Metz toutes mes amitiés et mon respect au lendemain de cette campagne où il s'est énormément investi.

J’aurais voulu lui dire aussi, ainsi d'ailleurs qu'à toutes celles et ceux de son «camp», qu'ils pouvaient être fiers des couleurs et des idées pour lesquelles ils se sont si vaillamment battus. Que leur démocratie participative, j’y crois aussi, tout autant qu’eux et que nous nous retrouvons sur bon nombre de sujets. Qu’il ne faut pas lâcher prise et que tout commencement, toute renaissance, se fait souvent dans le scepticisme et la douleur.

Pour conclure, j’aurais voulu leur dire qu’ils n’avaient pas à rougir, ni leur championne d’ailleurs, de cette défaite.

2ème Partie : « messieurs un peu de décence ! »

J’ai supprimé cette deuxième partie. Je n’ai finalement plus rien à dire à Messieurs Strauss-Kahn, Fabius, Jospin, Allègre et à tous ceux qui se repaissent des cadavres qu’ils cherchent à fabriquer ces derniers temps. La colère est retombée et pourtant elle était carabinée. Il n’y a qu’à lire la presse pour sentir l’écoeurement monter au fil des lignes. Ah si ces messieurs avaient dépensé un peu plus d’énergie à aider leur candidate, s’ils avaient ne serait-ce que fait semblant jusqu’au mois de juin. Mais non, ni l’intelligence ni même la décence n’ont réussi à les rattraper sur la pente de leur bêtise.

Conclusion

Dès lors il devient évident que pour mieux s’emparer d’un parti, tout comme on le ferait pour une entreprise, le mieux est de faire en sorte qu’il soit au bord du dépôt de bilan. Le racheter pour un euro symbolique serait alors un jeu d’enfant. On ne tiendrait pas compte de l’actif.

Cet actif, c’est vous toutes et tous. Je veux dire toutes celles et ceux qui se sont battus pour gagner, soutenir leur candidate jusqu’au bout, jusqu’au dernier carré. Vous, vous êtes les purs, les vrais. Pendant que vous luttiez aux côtés de votre candidate qui se débattait pour tenter l’impossible, les loups regardaient tranquillement les prémices d’une débâcle, baillant en incitant négligemment le désordre, se léchant les babines à voir leur proie s’enfoncer de plus en plus, couinant à qui pourrait bien porter l'estocade finale !

Je n’ai pas de leçon à vous donner. Ce que je souhaite c’est que le Socialisme soit à nouveau représenté par un grand parti. Un parti jeune avec des idées modernes et pas celui de quelques nantis qui prennent la plèbe pour une bande de crétins que l’on manipule au gré de ses aspirations de carrière.

Exigez l’OPA des idées sur le sectarisme et l’opportunisme. Faites votre révolution des roses. Car tandis que tous s’agitent, certains vers l’Elysée, d’autres vers Solferino, ce sont vos convictions que l’on brade et ce dans l’indifférence quasi générale.

Agissez pour le salut de ce que vous avez construit ces derniers mois, pierre après pierre, mot après mot, idée après idée. Ne laissez pas tous ces sots dilapider vos actifs au nom de leurs petites ambitions personnelles.

Agissez parce que la politique française, même si elle ne s'en rend pas encore compte, a besoin de vous.


Par Fred
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Dimanche 27 mai 2007
Laurent Fabius h il était temps! Enfin un coup de gueule qui j'espère sera salvateur  de la part d'un membre du PS. Et pas de n'importe lequel puisqu'il s'agit de Laurent Fabius. L'un des «éléphants» du parti.

Il ne m'était donc pas possible de passer ce «haut fait» sous silence après les nombreux «boulets rouges» que j'ai pu envoyer sur la troupeau de mammouths qui paissent dans les vertes prairies de Solférino (Cf le dernier en date, «Julien Dray : On n'achève pas bien les éléphants...»).

Vous constaterez ainsi que je suis cohérent avec ce que j'ai pu dire : à savoir qu'il est capital pour la politique française qu'un grand parti comme le PS arrive à se redresser. Et quand bien même ce serait au détriment, apparent et relatif, du parti pour lequel je me suis engagé.

Mais revenons au sujet principal, le fameux coup de gueule de Laurent Fabius.

Ce dernier a déclaré dans un entretien au JDD qu'«une élection n'est pas perdue ou gagnée d'avance» et que le résultat serait une «affaire de volonté et de pugnacité». N'en déplaise à M. Dray pour qui, tout comme pour M. Hollande, il vaut mieux perdre sans gloire que triompher en prenant des risques.

M. Fabius, qui sillonne la France pour «soutenir de nombreux candidats socialistes», sent monter «partout» chez les Français, «et d'abord chez ceux qui ont le coeur à gauche», de «l'exaspération» voire de la «colère».

Ils «n'ont que faire des querelles internes du PS et des positionnements». Ils «nous demandent avec force deux choses: pas de divisions, mais de l'unité; pas de défaitisme, mais de la combativité».

Les Français veulent «que nous dénoncions d'une même voix la propagande gouvernementale, l'augmentation de la franchise sur les soins médicaux qui va priver les moins favorisés de l'accès aux soins ou encore le contrat de travail unique, sorte de CPE généralisé, qui risque un peu plus de précariser la vie».

«Compte tenu de l'urgence, c'est non seulement d'un appel à la raison mais d'un véritable coup de gueule qu'il s'agit. Je demande aux dirigeant(e)s socialistes combativité et unité. Le PS appartient à tous ceux qui ont besoin d'une gauche forte pour faire progresser notre pays et pour défendre leurs droits»

Voilà, M Le 1er Ministre, nous parvenons enfin à nous mettre d’accord. Je dois admettre que cela me fait du bien car je me sentais un peu seul ces derniers temps à « gueuler » frénétiquement en observant ce suicide collectif poussé par les ambitions personnelles.

Au chapitre des actions que vous pourriez mener, vous tous au PS et pas uniquement vous M. Laurent Fabius, je ne vous apprendrai rien en vous disant qu’elles sont nombreuses. Mais quoi que vous décidiez, ces dernières devront passer inévitablement par un savant dosage de répartition des pouvoirs entre vous, les courants, les militants et les sympathisants.

Le parti de grand-papa avec un seul homme à sa tête est fini. Remplacer ce dernier par une femme, avec tout le respect que j’ai pour Mme Royal au regard du combat qu’elle a mené, serait une crétinerie de plus. L’heure est au pack, un et indivisible et si polymorphe qu’il devient très dur de le combattre.

Et puis, l’heure est enfin venue de donner à tous une leçon d’humilité et la panoplie adéquate dont l’élément essentiel est le « bâton de pèlerin ». Il est donc grand temps d’avaler les rancoeurs, de pardonner s’il le faut et d’unir les talents. Il est temps de descendre de sa tour d’ivoire et de retourner au contact. En dépit de quoi il vous faudra disparaître. Le parti communiste et sa longue agonie par manque de renouvellement et de perte du sens des réalités en est un triste exemple. Et pourtant, pourtant Dieu sait si bon nombre des idées qui furent les siennes ne sont pas si éloignées des vôtres sur le fonds (et des miennes par la même occasion).

Quant au discours et à la méthode, vous avez déjà tout le nécessaire pour mettre en oeuvre des idées modernes.

Inspirez-vous donc du boulot qui a été fait, parmi vos rangs, pour la 6ème république en vue de construire un nouveau parti socialiste. Si certains ne peuvent admettre que ce fut du bon boulot, qu’ils admettent la qualité du socle. Par pitié n’en faites pas un ersatz. Montrez votre capacité non seulement à innover mais aussi à mettre en pratique avec simplicité et efficacité. Durant cette période nécessaire de réorganisation et de réengagement vous perdrez peut-être des élections, mais qu’importe puisque vous redonnerez l'élan, l'envie et la confiance en vous à des millions de personnes. Tout cela n’a pas de prix.

Reconstruisez un contrepouvoir digne de ce nom avant de rechercher à reprendre vainement un pouvoir que vous poursuivez depuis 12 ans. Favorisez les rencontres avec les syndicats, aidez-les à se reconstruire eux aussi sans les phagocyter. N’ayez plus peur d’aller vers d’autres et cessez de vous poser en organisme central stalinien. Ecoutez, partagez et passez à l’action concertée. Ouvrez grandes les portes et tous viendront à vous.
Enfin, augmentez les relais partout dans l’ensemble de la société. Communiquez, encore et encore non plus de façon individuelle mais collectivement.

Je me suis toujours fait du socialisme l’idée que son rôle premier était d’essayer de changer la société en bien et en mieux. Alors, pour une fois, une toute petite fois, rappelez-vous ce si beau concept, et conserver uniquement cette idée à l’esprit. Une cause juste est faite pour être gagnée, indépendamment du prix à payer. L’histoire saura vous rendre grâce d’avoir eu, au bord du gouffre, ce courage et cette ultime lueur.

Tous mes vœux vous accompagnent.
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Par Fred
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Mercredi 13 juin 2007
François Bayrou rançois Sauvadet, réélu dimanche député de la Côte d'Or sous l'étiquette Nouveau Centre (NC), estime que François Bayrou, dont il fut longtemps un proche, risque de connaitre un grand isolement.

«Je crois qu'il a choisi sa route qui n'est pas la nôtre», a-t-il dit dans le cadre du journal de la chaîne parlementaire LCP-Assemblée nationale. «Il a fait un choix dont je ne sais pas où ça va le conduire, tout ça manque beaucoup de lisibilité».

«Considérer qu'aucune stratégie d'alliance n'est possible et bonne pour un mouvement politique, c'est aller tout droit vers l'isolement. Je crois que c'est le risque qu'il a pris», a déclaré le député qui s'est rallié à la candidature de Nicolas Sarkozy entre les deux tours du scrutin présidentiel.

«Je n'ai pas de mot sévère à l'égard de François Bayrou, je n'en aurai pas», a poursuivi l'ancien porte-parole de l'UDF et du groupe centriste au Palais-Bourbon. «J'étais son compagnon de route, j'apprécie son intelligence mais je ne partage pas aujourd'hui son chemin et je crois que cela va le conduire à un grand isolement», a-t-il conclu.

Moi non plus je n'aurais pas de mot sévère par rapport à certains. Le MoDem survivra à leur petitesse. Aussi, plutôt que de polémiquer indéfiniment, je préfère citer deux phrases de Zig Ziglar, non pour l'homme en lui-même mais parce que ces dernières me paraissent étrangement ...appropriées.

La meilleure arme de persuasion que tu possèdes dans ton arsenal est l’intégrité.

You've got to 'be' before you can 'do', and you've got to 'do' before you can 'have'.

A François Bayrou je dirai qu'il tienne bon. Pendant que certains se déchirent et montrent ainsi le peu de fiabilité et d'intégrité dont ils savent faire preuve, d'autres se cramponnent, se serrent les coudes et respectent leurs convictions profondes. C'est bien cela qui nous différencie M. Sauvadet. Je vous laisse à votre «cour des miracles», à votre cynisme et à votre arrogance dans la victoire.  Personnellement, je trouve cela stimulant.

Par Fred
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Vendredi 15 juin 2007
Peuple et démocratie e voulais d’abord répondre aux commentaires de FredericLN et d’Erasme par une voie plus conventionnelle au sujet de mon post PS : les digues, le tsunami et le radeau de la méduse.

Finalement, je me suis dit que certains points qui étaient soulevés méritaient un post à eux seuls.

Voici donc ma réponse. Elle ne plaira peut être à certains et/ou certaines. Mais je dis les choses comme je les ressens, pas forcément comme il serait politiquement correct de les présenter. Je ne suis le commercial d'aucun parti même s'il n'est un secret pour personne que je soutiens le MoDem. Je ne me sens ainsi redevable de rien tout comme je considère que personne ne m'est obligé par rapport à quoi que ce soit. En clair, je me sens encore totalement libre d'exprimer ce que je pense.

A propos des législatives et des mammouths du PS

Je pense que l’encadrement du PS n'en est plus aux législatives depuis le soir du 2d tour de l'élection présidentielle. Et je suis persuadé que, pour certains membres de son bureau pour ne pas dire tous, cela remonte à loin au regard de la stratégie d’autodestruction qui a été menée depuis des années.

Bien sur, c'est mon analyse et n'engage que moi. Mais, depuis un an et la montée en puissance de Ségolène Royal, il apparaît clairement que les éléphants attendent patiemment leur heure. Leur technique est simple : ne rien faire qui puisse faire repartir la machine et pourrait faire en sorte « qu’injustement » un(e) autre puisse en profiter. C’est aussi, pour certains, une façon d’éclipser le manque crucial d’idées et d’actions dont ils ont su faire preuve depuis plus longtemps.
Avec la technique du bouc émissaire, on éclipse les vieux problèmes et l’on masque plus aisément ses lacunes et défauts.

J’aimerai préciser que lorsque je peux rencontrer des militants du P.S, comme ce fut le cas encore ce matin de bonne heure, qui se battent pour sauver les meubles, j’enrage. J’enrage du cynisme de leurs « patrons », je suis triste pour eux et pour tous les autres, je veux dire les sympathisants, ceux qui pensent au fonds d’eux-mêmes que certaines valeurs sont au-dessus de cet hyperréalisme qui gangrène la société et sclérose les esprits.

Un tournant pour notre démocratie

Car, je l'ai dit mais je vais quand même me répéter. Quel que soit le parti d’opposition – Modem, PC, Verts etc. – tout le monde a besoin des autres et rien ne sortira de bon d’une uniformisation du paysage politique français.

Ainsi, le pluralisme des idées reste pour moi le principal moteur de la politique. Sans lui – et c'est ce que l'on va commencer à vivre dès ce dimanche –  les choses risquent de ne plus se passer démocratiquement. Et ce risque est latent, insidieux. Il ne demandera que quelques étincelles pour prendre forme, au risque de provoquer de graves instabilités dans notre démocratie. Après tout, peut-être certains n’attendent-ils que cela pour tenter de démontrer certaines de leurs théories.
On peut jouer à se faire peur, mais on peut aussi jouer à se mettre la tête dans le sable.

L’heure est donc cruciale. Plus que jamais il faut se renforcer de part et d’autre. Cela ne se fera pas avec des groupes parlementaires forts, un point c’est tout. Ne nous lamentons pas. Cela ne servirait à rien. Il est possible de faire jouer la démocratie autrement et pacifiquement même si la fermeté devait probablement de rigueur à certains moments.

Un front commun des républicains

Que tout les partis politiques républicains commencent donc par se retrouver pour définir un « pacte commun » de sauvegarde des valeurs républicaines ! Qu’ils puissent ainsi construire ainsi l’épine dorsale de leur action, indépendamment de leurs idées respectives – lorsque ces dernières seront menacées.

Ce qui se joue dimanche est une insulte à la Démocratie. Et ne me parlez pas du peuple, il n’y est pour rien. Car si la classe politique n’est pas responsable de tout, elle n’est pas étrangère au drame qui se passe. Elle est, dans une large proportion, grandement condamnable soit pour le mépris, soit pour l’aveuglement dont elle a fait preuve jusqu’à présent.

Le peuple, dans sa grande majorité est désemparé, découragé. Il faut donc réfléchir à la meilleure façon de soigner ses blessures, de lui rendre sa dignité, de lui redonner confiance afin qu’il puisse être en mesure de redevenir l’acteur principal de son destin.
Je veux continuer de croire au fait que rien n’est écrit d’avance, qu’un combat juste ne se perd pas même si la tâche peut paraître immense.

Par Fred
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